Randonnée et plein air
Descendre le mythique fleuve Yukon en canot : le guide essentiel
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Paddling the Iconic Yukon River: What Every Canoeist Needs to Know
Ce qui rend ce fleuve différent
Le Yukon est un fleuve vaste et puissant, mais la section que parcourent la plupart des pagayeurs n’a rien d’une eau vive. C’est une large autoroute d’eau en mouvement, rapide, qui fait une grande partie du travail à votre place et emporte votre canot vers l’aval à bonne allure pendant que vous regardez défiler les berges. Cela en fait un parcours idéal pour des débutants raisonnablement en forme maîtrisant les bases du camping, et c’est pourquoi tant de novices du canot d’expédition font ici leurs premières armes. Vous ne luttez pas contre le fleuve : vous voyagez avec lui.
Cela dit, on est en véritable arrière-pays. Pas de routes, pas de commerces, aucune sortie facile entre la mise à l’eau et le point d’arrivée. La météo change vite, l’eau est froide, et l’autonomie est la règle. Quiconque entreprend ce voyage doit savoir lire le courant, manœuvrer un canot chargé, camper plusieurs jours d’affilée et se comporter correctement face à la faune.
L’itinéraire, jour après jour
La plupart des descentes partent de Whitehorse et se terminent au pont de Carmacks, où une route permet une récupération en navette. Le premier obstacle notable est le Lake Laberge, un long lac large immortalisé par le poème de Robert Service « The Cremation of Sam McGee ». Ce lac est le seul tronçon qui exige un vrai respect : sans courant pour aider et avec beaucoup d’eau libre, un vent de face peut lever des vagues qui clouent les pagayeurs sur la rive pendant des heures. Partez tôt, longez le rivage et acceptez d’attendre que le vent tombe.
En aval du lac, le fleuve se resserre et s’accélère dans la section Thirtymile, un tronçon désigné rivière du patrimoine canadien que beaucoup de pagayeurs considèrent comme le plus beau du parcours — eau claire, virages serrés et vestiges d’anciens camps de bois et de stations télégraphiques le long des berges. Le fleuve s’élargit ensuite de nouveau et roule régulièrement vers Carmacks, en passant devant Hootalinqua et l’épave fantomatique du vapeur Evelyn, sur Shipyard Island.
L’ensemble du parcours de Whitehorse à Carmacks représente un peu plus de 300 kilomètres. La plupart des groupes y consacrent cinq à huit jours, ce qui paraît généreux jusqu’au matin où l’on reste bloqué par le vent sur le Laberge, ou à l’après-midi entier passé dans un campement qu’on n’avait pas envie de quitter. Pagayer six ou sept heures par jour est confortable ; le courant fait le reste. Prévoir une journée de battement est la meilleure décision de planification possible, car le lac finira de toute façon par vous la prendre.
Quand partir et combien de temps prévoir
La saison de canot s’étend grosso modo de juin au début septembre. Juin apporte des eaux hautes, des journées très longues et le pire des moustiques. Juillet est le mois le plus chaud et le plus fréquenté. Août est pour beaucoup le meilleur compromis : les niveaux d’eau se sont stabilisés, les insectes se sont calmés, et à la fin du mois les nuits redeviennent assez sombres pour revoir les étoiles après un été de clarté quasi permanente.
Septembre reste envisageable pour des groupes expérimentés, mais les marges se réduisent vite. Les nuits deviennent franchement froides, les systèmes météo défilent plus rapidement, et un dessalage en eau froide avec moins de monde sur le fleuve est une situation autrement plus sérieuse. Quel que soit le mois retenu, tenez compte du fait que la saison est courte, que les pourvoyeurs sont réservés longtemps à l’avance, et que la navette de retour depuis Carmacks doit être organisée avant la mise à l’eau, pas après.
À quoi ressemble vraiment l’eau
En aval de Whitehorse, le Yukon coule clair, vert et rapide, et la sensation du premier après-midi est celle d’être entraîné par quelque chose d’immense et de parfaitement indifférent. La section Whitehorse–Carmacks ne comporte aucun rapide exigeant une technique particulière, mais l’eau y est bien vivante : bouillons, lignes de contre-courant, arbres tombés à l’extérieur des courbes, et bancs de gravier là où le chenal se divise. Lisez l’eau devant vous, restez à l’écart de l’extérieur des virages où le courant vient buter contre les berges creusées, et vous n’aurez aucune difficulté.
Le froid, en revanche, doit être pris au sérieux. Le fleuve est alimenté par la neige et les glaciers et reste froid tout l’été : une baignade involontaire est un vrai danger et non un désagrément. Portez votre gilet de sauvetage, gardez des vêtements chauds de rechange dans un sac étanche arrimé dans l’embarcation plutôt qu’au fond d’un bagage, et ne vous séparez jamais du canot si vous tombez à l’eau. En aval de Carmacks, le fleuve change encore de caractère lorsque la White River y déverse son limon glaciaire et que l’eau devient opaque et grise.
Faune et campements
Parce qu’on se déplace en silence et au ras de l’eau, le Yukon est remarquable pour l’observation de la faune. Des pygargues à tête blanche se perchent dans les épinettes, des orignaux pataugent dans les hauts-fonds, des castors claquent la queue à la tombée du jour, et des ours noirs patrouillent parfois la berge. Campez sur les bancs de gravier et les îles, plus frais et moins infestés d’insectes que la forêt, et où l’impact est moindre. Rangez la nourriture avec rigueur, gardez un campement propre, et laissez toujours à l’animal rencontré une large marge, en restant calme.
Choisir un campement est un savoir-faire que l’on acquiert vers le troisième jour. Cherchez une île ou un banc de gravier exposé à la brise, un accostage facile qui ne laissera pas le canot à sec si le niveau baisse dans la nuit, et un sol ferme au-dessus de la ligne des hautes eaux. Cuisinez et entreposez la nourriture bien à l’écart du lieu de couchage, brûlez ou remportez tout, et faites la vaisselle dans le fleuve plutôt que sur la berge. Les bancs de gravier sont aussi le théâtre des meilleures soirées : feux de bois flotté, vues dégagées en amont comme en aval, et une lumière qui dure au-delà de minuit en juin.
Les erreurs courantes
Trop charger est la première. Un canot lourd se manœuvre plus mal au vent, se sort plus difficilement d’un banc de gravier, et ne rend le campement en rien plus confortable. La deuxième est de considérer le Lake Laberge comme une formalité : c’est là que la plupart des expéditions perdent du temps, et ceux qui prévoient de le traverser l’après-midi plutôt qu’à l’aube ne le traversent souvent pas du tout ce jour-là.
Les autres relèvent de la préparation. Emporter du coton, qui cesse de fonctionner dès qu’il est mouillé. N’avoir qu’une seule carte, sans double ni boussole. Supposer qu’un téléphone captera quelque part en chemin, ce qui, sur la majeure partie du parcours, n’arrivera pas. Et, le plus souvent, sous-estimer le soleil : réfléchi par l’eau huit heures par jour, il vous brûlera consciencieusement, même par après-midi couvert.
Poursuivre jusqu’à Dawson
Carmacks est le point d’arrivée naturel d’une première descente, mais le fleuve continue, et certains pagayeurs aussi. Le tronçon Carmacks–Dawson représente environ 400 kilomètres de plus et comprend le seul obstacle nommé du parcours : Five Finger Rapids, où des piliers de basalte divisent le fleuve en chenaux et où les embarcations empruntent celui de droite. Le passage est simple à niveau normal, et le spectacle est impressionnant depuis le belvédère de la route qui le surplombe.
En aval, le fleuve s’élargit, le pays s’aplanit, et le voyage devient une longue dérive méditative devant les embouchures de la Pelly, de la White et de la Stewart, avec, par intervalles, les vestiges de camps de bois et d’établissements le long des berges. Compter deux semaines ou plus pour aller de Whitehorse à Dawson est réaliste. Arriver à Dawson par le fleuve, au même débarcadère que les chercheurs d’or, vaut nettement mieux comme dénouement qu’un stationnement à Carmacks.
Préparation et logistique
Deux grandes options s’offrent à vous. Les pagayeurs expérimentés disposant de leur propre matériel peuvent faire le voyage en autonomie, en organisant la location d’un canot et une navette de retour depuis Carmacks auprès d’un pourvoyeur de Whitehorse. Tous les autres peuvent se joindre à une expédition guidée, où un professionnel s’occupe de l’itinéraire, de la vie de camp et de la cuisine, pendant que vous pagayez et profitez du paysage. Dans les deux cas, réservez tôt pour l’été, la courte saison où le fleuve est le plus fréquenté.
Si vous cherchez un vrai défi, faites coïncider votre séjour avec la Yukon River Quest, présentée comme la plus longue course annuelle de canot et de kayak au monde, qui relie Whitehorse à Dawson City. Voir les concurrents s’élancer — ou pagayer toute la nuit sous le soleil de minuit — est un spectacle en soi, même si vous n’avez aucune intention de participer.
Préparez-vous à de l’eau froide et à un soleil ardent le même jour : vêtements en couches, imperméable fiable, bonnet chaud, protection solaire et un sac étanche pour tout ce qui doit rester sec. Emportez plus d’antimoustique que vous ne le croyez nécessaire. Et gardez de la place dans votre programme pour simplement dériver — rentrer la pagaie, s’adosser aux bagages et laisser le pays vous porter comme il a porté, autrefois, tous ceux qui sont passés par ici. C’est ce qui se rapproche le plus, pour la plupart d’entre nous, d’un voyage sur la plus vieille route du Nord.
Frequently asked questions
Faut-il avoir de l’expérience en eau vive pour descendre le fleuve Yukon ?
Pas pour la section habituelle Whitehorse–Carmacks, rapide mais non technique. Il faut en revanche savoir manœuvrer un canot chargé, lire le courant et camper en autonomie plusieurs jours de suite.
Combien de temps dure le trajet Whitehorse–Carmacks ?
La plupart des groupes comptent cinq à huit jours pour les quelque 300 km, à raison de six ou sept heures de pagaie par jour. Ajoutez une journée de battement pour le vent sur le Lake Laberge, où les expéditions perdent le plus souvent du temps.
Quelle est la meilleure période pour pagayer ?
De juin au début septembre. Juin offre les journées les plus longues et les pires moustiques, juillet est le plus chaud et le plus fréquenté, et août propose souvent le meilleur équilibre : eaux stabilisées, moins d’insectes et retour de l’obscurité nocturne.
Peut-on faire le voyage sans posséder de canot ?
Oui. Les pourvoyeurs de Whitehorse louent des canots et organisent la navette de retour depuis Carmacks, et les expéditions guidées fournissent tout, y compris la nourriture et la logistique de camp. Réservez bien à l’avance, la saison étant courte.
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